Sophrologie et course à pied

Je vous propose dans cet article, grâce à l’aide d’Isabelle ma femme, de vous expliquer en quoi la sophrologie peut nous aider en course à pied et aussi dans d’autres sports.
A base de questions, réponses et de mon vécu personnel, je vous propose de découvrir les bienfaits et l’apport plus que positif de l’association sophrologie et sport.

Moi – Qu’est-ce que la sophrologie ?

Isa – La sophrologie est une méthode psycho-corporelle qui aide à mieux se connaître, c’est-à-dire, se rendre compte d’avantage de ce qui se passe en soi. Ses sensations physiques, est-ce que mon corps est tendu ou détendu ? Ses pensées, est-ce qu’elles sont plutôt positives ou plutôt négatives ? Et sa météo interne, ses émotions, comment je me sens en ce moment ? Joyeux ou triste ou bien en colère ?

A partir de là je vais avoir des choses agréables que je vais percevoir et des choses désagréables.
Les choses agréables en sophrologie, on va apprendre à mettre le projecteur dessus, c’est-à-dire s’en nourrir, faire des provisions pour quand ça va moins bien, on va les mettre en valeur pour s’appuyer dessus.

Et pour les choses désagréables, il s’agit de prendre conscience et de faire la différence entre celles sur lesquelles on a la main et on peut changer quelques chose pour aller vers quelque chose de plus confortable et celles sur lesquelles on n’a pas la main et dans ce cas on va apprendre à lâcher prise.

La sophrologie va aider à lâcher prise sur les éléments sur lesquels on a pas la main pour éviter de s’accrocher et de perdre beaucoup d’énergie.

Moi – Comment la sophrologie va aider dans le sport et plus particulièrement en course à pied ?

Pour exemples, moi pour préparer le marathon de Lyon et le marathon de Paris, tu m’as apporté des choses, mais encore plus spécifiquement pour la SaintéLyon, tu m’as fait travailler certains points, aussi bien en séances avec toi, que en en entraînement personnel, qu’est ce que tu as essayé de me faire travailler ?

Sophrologie et course à pied

Isa – En fait, en course à pied, ça va dépendre du type de course que l’on va faire, on va pouvoir travailler tout ce qui est ressenti corporel pour vivre la course et être à l’écoute de ses sensations pour courir la course sans se mettre dans le rouge par exemple. La sophrologie va permettre de mieux se connaître.


Lorsque l’on a une course comme la SaintéLyon qui se déroule la nuit, sur une grande partie du trajet, le fait d’être attentif d’avantage à son ressenti corporel, ça va permettre par exemple de travailler les appuis, étant donné que l’on perd quand même beaucoup d’informations du fait qu’il fait nuit et que même avec une lampe et les équipements que l’on a aujourd’hui, ce n’est pas la même chose que de courir en journée, on n’a pas la même vue du terrain, donc être d’avantage à l’écoute de ce qu’il y a sous ses pieds, par exemple un faux plat montant, un terrain piégeux, caillouteux boueux… Qu’est ce que mon corps m’envoie comme informations et qu’est ce que je fais avec ça ?

Sophrologie et course à pied

Moi – par exemple sur un marathon, on a souvent un objectif chrono, comment la sophro va nous aider ?

Isa – Alors sur marathon, ça va être peut-être de gérer davantage la course par rapport à la distance, comment je me sens par rapport à mon énergie. Qu’est-ce que mon corps m’envoie comme informations et avec ça, avec ma connaissance de moi-même, qu’est-ce que j’en fais ? Je sais que j’ai tant de kilomètres encore à tenir, il va falloir aussi être raisonnable et ne pas se fixer un objectif chrono trop élevé, si je sais que je vaux 3 h 45 sur 42 km, il ne sera pas sage de vouloir viser 30 mn de moins, et la sophro va m’aider à me poser pour choisir un objectif réalisable !
La sophro va m’aider à positiver, l’exemple tout bête, sur marathon quand on arrive au 25ème km, il ne faut pas se dire ENCORE 17 km mais positiver en se disant PLUS QUE 17 km !

J’ai les conditions extérieures aussi qui vont jouer, et du coup ce que l’on peut travailler aussi par rapport à ça c’est si je vais dans une course ou je sais qu’il va y avoir des conditions difficiles, pour reprendre la SaintéLyon, c’est de nuit, en hiver, il peut faire froid, on peut travailler plus spécifiquement sur comment m’armer par rapport à ça, faire une sorte de carapace, une sorte d’armure pour aller me confronter à ces éléments qui pourraient être problématiques si c’est problématique. Chez certains coureurs ça ne sera pas problématique et puis chez d’autres ça peut poser problème ou en tous les cas, par exemple, apporter du stress avant le départ « Et s’il fait froid ? Et si machin ? » et donc c’est voir « Ok, s’il fait froid, qu’est-ce que j’ai comme ressource par rapport à ça ? »
La sophro va me permettre de lâcher prise sur les éléments extérieurs que je ne peux pas contrôler, si avec des condition idéales je me fixais un chrono de 3 h 30 sur marathon et que le jour J, il pleut ou vent de face pendant 30 km, et bien la sophro va m’aider à lâcher prise, va m’aider à ne pas m’obstiner, la sophro va m’aider avec les sensations et les conditions à accepter cet état de fait et accepter de faire peut-être que 3h 40 !

Moi – je me rappelle d’avoir commencé à travailler en sophrologie, 2 mois avant l’objectif avec 2 ou 3 séances par semaine, avec un entraînement personnel à la maison, en autonomie. Et je suis arrivé le jour de la SaintéLyon que je n’avais jamais fait. Je n’avais jamais couru une si longue distance, 76 km ! Le plus long que j’avais fait avant étaient les marathons. Et je suis arrivé totalement détendu, comme si j’allais prendre le départ d’un 15 bornes, et la sophrologie m’a apporté ça. Je me rappelle que j’étais là, j’ai mis en pratique ce que tu viens de dire et que j’étais relâché, les conditions météo étaient telles que je n’y pouvais rien, c’était comme ça, il fallait les prendre, ça faisait partie du jeu. En sophro, j’avais travaillé sur l’objectif FINIR cette course et PASSER la ligne d’arrivée. Malgré les mauvaises conditions, dans ma tête mon objectif était FINIR !

Tu m’as fait travailler sur mes 2 derniers marathons et la SaintéLyon, le geste d’encrage, tu peux nous en dire plus ?

Isa – En fait sur un objectif de sport, il ne faut pas arriver stressé outre mesure parce que l’on perd des capacités, on a une fuite d’énergie, il ne faut pas arriver non plus tout « ramolo », il faut être motivé, il faut être à la fois détendu et dynamique, c’est un espèce de compromis entre les deux.
Et justement le geste d’encrage, ça va être, par exemple, si je sais que pendant la course il y a des moments ou je risque d’avoir un coup de mou, un coup de moins bien ou qu’il y a des éléments extérieurs qui risquent de jouer et que je sente que ma motivation va baisser et que j’ai besoin de me redonner de la niaque, alors je vais travailler en visualisation, je vais me mettre dans une sorte de bulle ou je vais me voir plein de niaque, plein de force, je vais revivre des moments de dynamisme, quitte à piocher des éléments dans des courses antérieures. Je vais me plonger dans des moments ou j’ai senti que ouais j’avais la niaque, la pêche, que j’avais l’énergie d’aller de l’avant, d’avancer et je vais faire un geste en même temps quand je suis bien présent à cet état interne là. Je vais ainsi ancrer cet état mental en interne avec ce geste que je fais. Ça peut être serrer le poing, ça peut être serrer des doigts, peu importe, souvent c’est serrer le poing, c’est plutôt bien pour un sportif. Et ce geste là je vais vraiment le dédier à cet état interne, je vais faire ça plusieurs fois et le fait de travailler ce geste d’ancrage en séance de sophrologie avant l’objectif, ça va simplement associer ce geste = cet état interne. Et quand je vais avoir besoin de retrouver cet état interne sur mon parcours, parce que je sens que j’ai un coup de moins bien, que ça baisse, que ça ne va pas, j’ai besoin d’avoir cette énergie, de ressentir un peu ce feu intérieur, le fait simplement de serrer mon poing, hop ça va ramener l’état interne qui y est associé et donc ça permet d’avoir un regain de punch au moment ou j’en ai besoin. C’est un petit peu le geste d’urgence.

Moi – C’est ce que j’ai pratiqué essentiellement sur la SaintéLyon, à chaque fois que j’avais un coup de mou, je me faisais mon geste d’encrage, j’essayais de le faire dans des endroits très droit, car je fermais les yeux pour être encore plus dans ma bulle et à chaque fois j’ai ressenti ce regain d’énergie.

Isa – ça peut être un geste mais aussi un mot ou une image, mais c’est le même principe.

Moi – Perso, c’était une image très positive d’une course antérieure que je ramenais avec mon geste qui était de serrer le poing et en fermant les yeux je me voyais avec cette image et ça me redonnait et de l’énergie physique mais aussi mentale pour continuer mon effort du jour.

Moi : Si demain quelqu’un vient te voir en te disant « voilà, je veux faire un 20 km au mois d’octobre, je veux faire le marathon de Paris, qu’est ce que tu vas lui proposer ? Combien de séances ? et qu’est-ce qu’il va travailler lui seul à la maison ? Çà l’engage en quoi ?

Isa – En fait, je ne peux pas dire à l’avance comme ça, de but en blanc, ce que je vais proposer car chaque coureur va avoir des besoins spécifiques. Certains, ça va être par rapport à leurs propres capacités, d’autres, ça va être par rapport à leur environnement extérieur, ils y en a, ça va être par rapport à une distance à laquelle ils ne se sont jamais confronté, un dénivelé jamais fait donc, en fonction du besoin de la personne, on va établir un/des objectifs, c’est-à-dire qu’est-ce que la personne veut pour elle dans cet objectif sportif, qu’est-ce qu’elle recherche ?

A partir de là on va construire un protocole d’accompagnement sur un nombre de séances, minimum 6/7, ça sera peut être plus en fonction de l’objectif à travailler et je vais faire un accompagnement sur mesure pour coller à l’objectif et amener la personne, avec la sophrologie, à atteindre cet objectif qu’elle s’est fixée. Et entre chaque séance, il faut s’entraîner. La sophro c’est une méthode où il faut s’impliquer personnellement, il faut pratiquer les exercices. Moi je donne toujours un support audio pour que les personnes puissent refaire les séances à la maison. Parce que si la personne se contente seulement de la séance chez son sophrologue et qu’elle ne fait rien entre deux rendez-vous, ça ne va pas avancer, ça ne va pas être aussi efficace. A chaque fois qu’elle va s’entraîner, à chaque fois elle va aller développer cette confiance en elle, ses ressentis, changer peut-être sa façon de voir les choses. Si elle travaille un objectif, autant de fois elle va vivre le fait que son objectif se déroule comme elle le souhaite, autant de fois elle va le réussir dans sa tête. Donc, si elle le réussit 30 fois ou 40 fois, dans sa tête, ce n’est pas du tout pareil que si elle ne le réussit que 2 ou 3 fois avant d’aller vraiment se confronter à l’objectif. C’est ça qui va faire la différence, c’est le nombre de séances d’entraînement.

Moi : Tu as eu des cas personnels à ton cabinet pour le sport, parce que ça ne concerne pas que la course à pied, ça peut s’appliquer pour le tennis, le triathlon etc.


Isa – Oui pour tout sport, la sophrologie peut aider pour tout, j’ai eu une cavalière qui avait une problématique de stress avant la compétition, un manque de confiance, elle n’osait pas aller s’imposer pendant l’échauffement, prendre sa place, etc. Et à chaque compétition, elle revenait déçue de son résultat qui ne reflétait absolument pas son niveau. On a travaillé là-dessus et au Championnat de France, elle a fait 8ème. Elle était très satisfaite et son entraîneur a dit qu’il n’en revenait pas de la transformation de sa cavalière. Mais on peut appliquer la sophrologie à n’importe quel sport. Il n’y a pas de limitation.

Moi – j’espère que cet article vous aidera pour un objectif futur. Pourquoi pas utiliser la sophro pour vous aider à atteindre un objectif ou à améliorer un chrono ?
Perso, dans les prochains mois, un bel objectif m’attend et je vais m’appuyer sur mon expérience, mais aussi sur la sophrologie pour l’aborder de la meilleure des façons.
L’entraînement physique est très important mais ne fait pas tout, il y a d’autres choses à mettre en place dans l’entraînement dont la sophrologie. Essayez d’associer sophrologie et sport, vous serez surpris !
Si vous voulez en savoir plus sur la sophrologie, vous pouvez cliquer ici.

Et n’oubliez pas, avant tout il faut « courir de plaisir »

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