Préparation Pilatrail

Alors que Kilian Jornet vient de courir 2 fois en 1 semaine au sommet de l’Everest, sans assistance et sans apport d’oxygène, mon sommet à moi sera le Pilatrail, oui, bon, certes, rien à voir !
Mais c’est MON défi à MOI.
42 km et 2200 m de déniv+ et comme son nom l’indique dans le Pilat.

Une belle région que je ne connais que très peu, d’où mon choix de faire cette course, pour découvrir ce massif au point culminant ne dépassant guère les 1400 m d’altitude.

Après avoir couru la Saintexpress (vidéo ici) j’avais besoin d’un nouvel objectif à ma portée, mais un objectif difficile pour me motiver.
Je l’ai déjà écrit dans un autre article, j’ai du mal sans but, à aller courir. Du moment ou j’ai un projet, la motivation va avec et il m’est beaucoup plus facile de quitter la maison pour aller m’entraîner.
Et pourtant j’éprouve toujours autant de plaisir dès que je suis dehors à courir, mais voilà, il faut franchir le pas de la porte !
Sans jamais oublier ma camsport qui même à l’entraînement m’accompagne régulièrement.

Pilatrail

Trail de Paladru

La Saintexpress s’étant très bien passé, j’ai choisi le Pilatrail comme je l’ai déjà dit pour découvrir une région, mais aussi parce que la distance me convenait, 42 km je sais faire surtout sur marathon, en trail un peu moins.
Par contre le dénivelé m’a fait hésité, 2200 m de D+ pour autant en descente. Promesse de belles rampes. J’ai eu j’avoue un peu peur et puis je me suis dit GO.
Le but est d’aller un peu plus loin que ce que je sais faire : dépasser mes limites. Et je m’aperçois de plus en plus que les limites sont dans notre tête, ce n’est pas notre corps qui ne veut ou ne peut pas. Tout est dans la tête. Aujourd’hui, je peux le dire « si tu veux, tu peux ».
Un dénivelé de 1500 m, mais c’était une montagne pour moi avant. Une course avec 500 m de déniv+, mais je l’appréhendais 15 jours avant en me disant « vais-je être à la hauteur ? » Et aujourd’hui, je me régale sur les pentes, je m’amuse en descente et parfois je suis surpris de voir que j’ai enchaîné du dénivelé sans m’en rendre vraiment compte.
Et aujourd’hui, je peux dire que les 2200 m de D+ de ce Pilatrail, ne m’affolent pas. Il faut juste ne pas se tromper d’allure dès le départ et ménager sa monture le plus longtemps possible.

Mais moi je garde toujours à l’esprit la notion de plaisir en course, je pense que sur un trail comme le Pilatrail, je peux avoir du plaisir très longtemps. Sur un Ultra comme l’UTMB, c’est vraiment le dépassement de soi, en occultant tout plaisir le jour de la course, et ça je l’avoue ça ne m’intéresse pas, enfin je le vois comme ça. Chacun son truc et surtout chapeau à tous ceux qui sont capables de faire des Ultras.

Je doute toujours un peu de mes moyens physiques, j’ai toujours tendance à me sous-évaluer par rapport aux autres, à me juger moins fort, et donc, après réflexion sur ce dénivelé, je me suis dit « vas-y, les autres le font ».
Et à quelques jours de la course, je commence à sentir le stress monter, le doute s’installer, c’est normal chez moi, je suis quelqu’un d’inquiet.

Pour bien préparer cette course car je voulais être en confiance un max le jour J, je me suis établi un programme avec des entraînements spécifiques et des courses, en l’occurrence des trails.

Le 20 mars j’ai commencé par le Trail de Villemoirieu où je voulais faire de mon mieux au point de vue chrono, pour voir où j’en étais car il y avait longtemps que je n’avais pas cherché à faire le plus vite possible.
Après 20 km et env 600 de D+, j’étais rassuré sur mon état de forme.

Après Villemoirieu, j’avais 2 mois et demi pour me préparer. Durant ces 2 mois et demi, j’ai privilégié le dénivelé pour m’entraîner à faire des longues montées et aussi des longues descentes pour taper dans le physique.
En courses, j’ai fait le Trail de Ruy, la course des 4 vents, le trail de Paladru et aussi un week-end choc avec le Trail de la Chambottine et le lendemain La Course de la Résistance.

Pilatrail
Vous allez dire que cela fait beaucoup de courses dans une préparation, mais je n’en ai fait aucune pour le chrono. Mon choix était de travailler l’endurance et le dénivelé et je ne me suis jamais préoccupé de mon chrono ou de ma place au classement. Le but était de travailler, de me préparer au mieux d’après mon expérience.
Je ne reviendrai pas sur le week-end choc, pour en savoir plus, c’est ici ou ici pour le bilan.
Toutes ces sorties m’ont permis de tester et de m’entraîner avec mon matériel, short, vêtements, bâtons, sac, nouvelles chaussures, voir aussi mon alimentation, mon hydratation. J’aime bien ne rien laisser au hasard pour arriver comme je l’ai déjà dit au top de ma confiance le jour J.

Je n’ai pas cherché non plus à faire 4 ou 5 entraînements par semaine comme il est préconisé pour un marathon ou il faut travailler différentes allures pour être compétitif le jour J.
Mon choix a été de privilégier les sorties longues, entre 3 h pour la plus petite et 4 h 15 pour la plus longue, à allure course que je prévois le 4 juin, date du Pilatrail.
En plus des trails que j’ai couru, je me suis organisé de belles sorties comme notamment le Mont Grèle dans le massif de l’Epine ou bien encore la Chartreuse en cumulant quelques cols.

Pilatrail

Le Mont Grèle – Massif de l’Epine

Pilatrail

Le Petit Som en Chartreuse

J’ai aussi participé à la reconnaissance du circuit de 50 km du Trail de Paladru.

Je me suis également fait 2 sorties de 26 à 28 km avec peu de dénivelé, seulement environ 700 de D+ pour travailler et surtout garder de l’allure, du rythme dans ma foulée. Même si je ne vais pas vite, il est bon de garder la vitesse que j’ai. A force de courir doucement et surtout de marcher dans les pentes, on perd de la vitesse.
En semaine, j’ai également fait quelques sorties de 7 à 11 km sur terrain plat ou quelque peu vallonné pour garder le rythme et ne pas trop solliciter mon corps.
J’ai aussi réalisé quelques sorties sur une bosse que j’ai vers chez moi : 150 m de longueur pour 15 m de dénivelé. Je l’ai faite par séance entre 10 et 15 répétitions. Le but était de travailler le rythme et surtout de garder une foulée dynamique en s’écrasant le moins possible au sol.

J’ai fait également des sorties VTT, déjà pour aller au travail dès que possible, mais aussi parfois quand je ne me sentais pas d’aller courir, pour me reposer si j’ose dire et ne pas trop solliciter mon physique.

J’avoue que le fait de peu courir la semaine par rapport à une prépa marathon me fait un peu culpabiliser. Est-ce que j’en ai assez fait ? Pour la Saintexpress, avec la prépa que j’ai réalisé, physiquement j’étais très bien la nuit de la course. Est-ce que là, pour le Pilatrail ça sera suffisant ? Je ne veux pas aujourd’hui tirer trop sur mon physique, pour éviter la blessure, les bobos que vous traînez longtemps avant de les soigner parce qu’il y a toujours une bonne raison pour dire « on verra après, plus tard ».
Aujourd’hui je suis vraiment dans la course du plaisir, si je suis fatigué, je m’écoute, si j’ai une petite gêne quelconque, je préfère renoncer ou repousser un entraînement.
Est-ce que cette fois-ci ma gestion de la préparation a été la bonne ? La réponse, le 4 juin.

J’ai aussi pour la récupération, fait du Jin Shin Jyutsu (vous trouverez ici, de nombreux articles sur cet art) en suivant les conseils de ma femme, mais elle s’est également investie elle-même dans ma préparation en me faisant des séances notamment lors de mon week-end choc. Merci ! Cet art est vraiment bien et je vois la différence quand je fais du jin shin Jyutsu et quand je ne pratique pas.
Par exemple pour mon week-end choc, aucune courbature, de la fatigue, mais aucune douleur.
En comparaison ma dernière sortie longue en Chartreuse, j’ai fait exprès de ne pas faire de Jin Shin Jyutsu, et bien j’ai vu la différence les jours d’après. Courbatures aux jambes, principalement dans les cuisses.

Avec les lignes qui suivent, je vais ouvrir un grand débat, je n’ai pratiqué aucun étirement au cours de ma préparation. Ai-je raison ? Ai-je tort ? Je ne sais point. Mon ostéo dernièrement m’a trouvé en pleine forme et n’a quasi pas eu de travail à faire sur mon corps.
Ma femme avec le Jin Shin Jyutsu m’aide beaucoup par la pratique, par les conseils, notamment avec les séances de détox. Le Jin Shin jyutsu remplace une séance d’étirement.
Prochainement je ferai un article sur cet art trop méconnu chez nous et pourtant si facile à pratiquer dans la vie de tous les jours.

Je ne dit pas que j’ai raison, j’ai voulu tester pour voir et pour l’instant, je suis bien !
Pour tout dire, j’avais commencé en début d’année la P.P.G., tous les jeudis, je faisais une séance avec d’autres membres de mon club avec les conseils d’une personne qualifiée pour nous surveiller et nous faire travailler. Mais suivant l’intensité des séances P.P.G, lorsque j’ai attaqué ma prépa pour le Pilatrail, j’ai préféré arrêter, car j’avoue que j’avais du mal à récupérer des suites de la P.P.G. et ce parfois sur plusieurs jours. J’ai privilégié la course à pied et laissé de côté cette P.P.G. pourtant si utile pour les coureurs.
L’avant dernière semaine, j’ai bien ralenti, seulement 2 séances de 7 à 9 km, dont une à Paris, dans les escaliers de Montmartre ! C’était dépaysant, le matin de bonne heure, les marches sont toutes à nous et je me suis régalé.


Pour la dernière semaine, je prévois une petite séance en milieu de semaine et puis c’est tout. Le but étant de faire du jus et d’être très frais au départ dimanche matin.

Objectif sur le Pilatrail :

FINIR, franchir la ligne d’arrivée sera ma victoire comme d’habitude sur une telle course. Chercher à me mettre dans ma bulle, ne pas regarder les autres et petit à petit franchir les kms, franchir les obstacles et finalement FRANCHIR la ligne d’arrivée.
On m’a demandé « tu prévois combien pour la faire cette course ? ». Très bonne question, il est difficile de répondre. J’avoue que j’ai répondu 8 h pour ne me mettre aucune pression. Je suis allé voir les résultats du Pilatrail de 2016, chose que je fais rarement. Déjà seulement 236 participants, c’est peu. Le premier a mis 5 h et le dernier a mis pile 8 h. Ah bon ? Et bien on verra bien ! Même si les personnes me connaissant bien, me voient plus près des 7 h. Mais voilà tout dépend, de la forme le jour J. Du terrain, si c’est boueux, c’est très fatiguant, ça colle et le traileur n’aime pas car il se fatigue d’avantage.

Parfois ça peut coller comme ici en Chartreuse avec de la terre Glaise bien détrempée

Cela dépend également du temps. S’il fait chaud, ça sera très compliqué sur ce terrain de moyenne montagne car ça va taper fort. Et j’avoue que la chaleur de ces derniers jours ne me plairait guère si elle est présente le jour de la course. Je ne suis absolument pas chaleur. Et si nous sommes écrasés par la présence du soleil, il faudra gérer encore plus doucement et très bien s’hydrater pour passer ces 42 kms en y laissant le moins de plumes possible.

L’idéal pour un traileur est un temps frais et le vrai traileur n’est pas contre une petite pluie fine qui n’est pas du tout désagréable en courant.

Oui mais non, pas là, car s’il fait beau ma femme et les filles ont promis de venir avec moi pour profiter du Pilat, alors je croise les doigts pour qu’il fasse très beau mais pas trop chaud pour que tout le monde soit heureux !

Rendez-vous le 4 juin.

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