Pourquoi courir un marathon ?

C’est terminé !

« Mes Huaka et Speedgoat sont raccrochées, je ne les touche plus ! J’arrête de courir, loin de moi l’idée de faire des kms … enfin jusqu’à dimanche prochain, jour J »

Et oui, on est samedi 9 avril et le marathon est dans 8 jours, le dimanche 17 avril sera le jour J
Je viens de faire ma dernière séance d’une heure.
Demain, je vais aller marcher avec madame une dizaine de km pour décrasser, pour changer, pour passer à autre chose.

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10 semaines d’entraînements en comptant celle avant le marathon ou je ne coure pas.
« Retrouvez mon entraînement spécifique pour le marathon d’Annecy ici« 

Une moyenne de 50 km par semaine, une semaine au milieu ou j’ai moins couru pour permettre à mon corps de récupérer et d’enregistrer le travail effectué.
Comme je fais parti d’un club, j’ai eu la chance de m’entraîner et de partager certaines séances avec d‘autres collègues en pleine préparation. L’un pour Paris, l’autre pour courir Vienne, d’autres Pour Bordeaux ou bien encore Rome et pour finir nous étions quelques uns à préparer Annecy.
C’est cool de ne pas être toujours seul, ça booste quand on n’a pas envie ou bien lorsqu’il fait un temps à ne pas mettre un coureur dehors.

« Courir de plaisir » est ma devise mais il faut bien reconnaître qu’à 4 séances d’entraînement par semaine, parfois cela coûte.
Un soir qu’il neigeait et de nuit, prêt à partir, ma grande princesse a été étonné et m’a demandé, « mais pourquoi ? » Et je lui ai répondu, « c’est comme toi, pour avoir des bonnes notes à l’école, il faut que tu révises et fasse tes devoirs bien comme il faut et tu n’as pas toujours envie, moi c’est pareil pour être en forme le jour J, je dois m’entraîner même si ce n’est pas toujours facile. »

Pourquoi courir un marathon ?

« Je l’ai toujours dit, c’est ma coupe du monde à moi ! »
Annecy sera mon 13ème, j’ai abandonné une fois car j’avais atteint mes limites et je n’ai pas voulu aller au-delà.
Sur ses 13 marathons, j’ai souffert, couru en faisant des erreurs comme pour ma 2ème édition, avoir l’ambition de courir en 3 h 30 en m’entraînant seulement 3 fois par semaine. AHAHHHH, que c’était prétentieux de ma part, au 24 ème km j’étais CUIT, et là sur le bord de la route LA question, j’arrête ou je continue ?  Finalement j’ai continué lamentablement, mais ça m’a servi de leçon, c’est ce que l’on appelle l’expérience.

Même moi, je disais, « jamais, vous me verrez sur une telle distance », oui mais voilà un jour j’ai tenté. Ma « carrière » de footballeur arrêté pour me consacrer à mes deux autres passions, le tennis et la course à pied.
Et sur les conseils d’un ami qui courait beaucoup, je me suis fixé un objectif le marathon de Lyon ! J’avais 26 ans et voilà que le virus m’avait contaminé.

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Le marathon est la seule course qui me donne autant de sensations différentes.

  • Déjà l’envie de bien m’entraîner et d’être très assidu pour arriver le jour J confiant et avec de bonnes jambes.
    Avoir un objectif de course, c’est primordial pour se tenir à l’entraînement.
  • Une prépa marathon, c’est la seule période ou vous adaptez votre vie de tous les jours en fonction de l’entraînement, alors que le reste de l’année, vous adaptez votre entraînement en fonction de votre vie de tous les jours
  • C’est sur cette distance que je ressens le plus la pression d’avant course. J’ai couru des trails de 25 à 35 km avec des dénivelés d’environ 1500 m, mais ça n’a rien à voir, pas du tout la même sensation la veille de la course, pourquoi ? Tout simplement parce que sur marathon il y a toujours quand même l’envie de bien faire et le plus vite possible.

Même sur celui d’Annecy que je vais courir, mon objectif principal est de le finir dans de bonnes conditions, oui mais j’ai quand même dans un coin de ma tête l’idée et l’espoir de le faire en moins de 4 h. Et donc l’idée du chrono est bien présente au départ d’un marathon. Je ne vais pas du tout être triste si je ne suis pas en moins de 4 h, je serai déjà très heureux de le finir, mais j’avoue qu’à la place du 4, mettre un 3, pour dire j’ai mis 3 h…, ça me plairait !

Je vous mets au défi de trouver un seul marathonien qui ne met pas son chrono au départ d’un marathon, moi je n’en connais pas.

Alors que sur un trail il n’y a pas cette notion de chrono, on part pour bien faire et finir, pas pour battre un record, son propre record !
Autre exemple sur marathon, on fait au plus vite aux ravitaillementx alors que sur trail, bon nombre de coureurs prennent le temps de manger la tranche de saucisson ou le morceau de fromage !!!
Ça aussi c’est une différence entre marathon et trail, sur trail vous avez du fromage, des « tucs », du « sauc’ » alors que sur marathon, c’est exclusivement du sucre.

Pour moi, c’est un défi personnel de boucler un 42 km 195

«  Si tu veux courir, cours un kilomètre. Si tu veux changer ta vie, cours un marathon »
Emile Zatopek

C’est ce que j’ai ressenti lord de mon 1er marathon, je n’ai plus jamais eu le même regard sur la course à pieds après ce marathon.
Cela m’a changé en temps qu’homme.

Si vous ne connaissez pas Zatopek, c’est grâce à lui (certains diront « à cause de lui »)  que nous faisons du fractionné, il est l’inventeur de ses séances sur piste, chrono à la main.
Ce grand personnage de la course à pied à quand même gagné aux Jeux olympiques d’Helsinki, le 5000, le 10000 et le marathon. Respect !

Sur marathon, nous vivons plusieurs phases.

Déjà la veille, on doute, on se demande si l’on est prêt, si ça va aller. on a l’impression de ne pas être en forme, que finalement les jambes ne sont pas là. Bref c’est ni plus ni moins que LA trouille.
En courant un marathon, on passe plusieurs heures avec soi même !
Au début, c’est l’euphorie, les 1ers km on a les crocs, on veut aller vite mais surtout pas, il faut freiner, c’est dur mais il faut ralentir. Gérer avec la tête, déjà !
Et puis au fil des km, on se dit, ouais allez, plus que 17 km, allez c’est fini dans 9 km, il y a toujours un  moment donné, ou vous vous dîtes « mais qu’est ce que je fous là, le suis le roi des and…. » ll faut savoir positiver, si vous dîtes ENCORE 9 km, c’est cuit pour vous, vous vous cassez le moral, il faut se dire PLUS QUE 9 km pour positiver.
Et puis arrive le dernier km, c’est la délivrance, vous retrouvez de l’énergie, vous avez des ailes et puis vous passez la ligne d’arrivée. C’est fait, vous êtes cuit, pas beau à voir (en règle général, mais pas toujours, mais vous l’avez fait et en tête « non, plus jamais… »
Et pour finir, le soir même, vous êtes déjà entrain de réfléchir au prochain.

Pour vous dire à mon 8ème marathon, celui de Lausanne. j’avais déjà de l’expérience dans ma petite tête, oui mais… la veille du marathon et toute la nuit il a plu. Je n’ai pas fermé l’œil de la nuit, pas une minute de sommeil.
Le matin, je me lève, décidé à ne pas courir et encore pire, je descends rejoindre les collègues, bing crampes dans le mollet dans les escaliers. j’arrive et je dis aux copains, je ne coure pas. ils ont passé le temps du petit-déjeuner à me remonter le moral et finalement ils arrivent à me faire prendre le départ en me disant commence à courir et puis après… et bien après je l’ai fini et j’ai fait mon meilleur temps ! Comme quoi !

J’ai eu le bonheur de courir pour mes deux derniers marathons, Athènes et Nice-Cannes et j’ai géré si bien que j’ai fini mes courses avec le sourire et l’envie d’y retourner de suite. C’est le pied, c’est bon !
Le marathon m’a apporté des connaissances sur moi, je me suis découvert des aptitudes que je ne connaissais pas et qui me servent dans ma vie de tous les jours. Tel la persévérance, savoir me freiner et ne pas partir tête baissée dans un travail par exemple.

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Quelques mètres avant mon arrivée au marathon d’Athènes. Encore bien !

Pour revenir à mon défi personnel de courir un marathon, c’est la seule course pour moi ou il faut courir « autant » avec sa tête.
Il faut se connaître parfaitement, il ne faut pas vouloir utiliser que ses jambes, un marathon c’est 30% la tête. Les derniers km, c’est souvent la tête qui coure et qui donne l’ordre aux jambes de continuer l’effort.
La tête c’est aussi avant, à l’entraînement, si vous n’êtes pas bien, avec des soucis, des problèmes personnels, vous ne pouvez y arriver. Je le sais, j’en ai fait l’amer expérience il y a un an ou j’ai voulu me lancer dans la préparation, déjà du marathon d’Annecy et malheureusement, mon corps à flanché car, je vivais une période très délicate avec beaucoup de soucis à gérer et du coup, ma prépa c’est vite arrêté.
Il faut être bien dans sa vie pour bien courir un marathon.

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Comme je l’ai déjà écrit plus haut, un marathon c’est beaucoup d’expérience et aujourd’hui comme j’ai de la « bouteille », j’ai plaisir à donner mon savoir à ceux qui me le demande.
Il y a 5 ans, un « jeunot » est arrivé au club et du haut de ses 25 ans, il s’est renseigné, nous a posé beaucoup de questions et avec plaisir nous avons effacé toutes ses interrogations, ses appréhensions. Il nous a bien écouté pour ses débuts sur la distance en un peu plus de 4 h.
5 ans plus tard, nous n’avons plus rien à lui apprendre, il court le marathon en 3 h et il y a longtemps que nous n’échangeons plus une séance d’entraînement ensemble car bien trop rapide pour moi.

Pour ce marathon d’Annecy, j’ai de la chance, je suis « coach »

car pour la 1ère fois mon beau-frère se lance sur cette épreuve et j’ai eu beaucoup de plaisir à lui apprendre ce que je sais.
C’est un réel plaisir de communiquer ma passion de la course à pied, de lui donner les bases de l’entraînement. De lui expliquer pourquoi faire ça et pourquoi ne pas faire ça.
Il me pose des questions sur le rythme, la durée, l’alimentation et à chaque fois, je donne mon savoir. C’est comme ça que j’ai appris en écoutant le savoir des autres.

Il m’a écouté pour l’entraînement (c’est lui qui m’appelle coach, car moi je n’ai pas cette prétention)

Pour mon beau frère, c’est son 1er et il en a très envie et c’est la 1ère condition.
il faut avoir envie. Si vous vous lancez à préparer un marathon parce que les copains vont en courir un, alors c’est voué à l’échec. Vous n’allez pas y arriver. Il faut que ça soit VOUS, votre envie de le faire, il faut que ça soit votre tête qui décide de le faire, il faut le déclic, l’envie. Et là, je peux à nouveau dire « courir de plaisir »

Pour son 1er marathon, à 8 jours de prendre le départ, il a le « trouillomètre au maxi ». Encore une fois, c’est normal, on y passe tous, même avec l’expérience la dernière semaine est une semaine de doute. Mais après une fois la ligne d’arrivée franchi, c’est, pffff, indescriptible. Il faut le vivre.

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L’entourage doit être à nos côtés.

C’est un travail d’équipe, il faut que chacun fasse des concessions. La famille doit s’adapter à votre entraînement et vous devez adapter votre entraînement à votre famille par moment pour que cela ne coûte pas trop à chacun et que ça ne finisse par créer des tensions sous le toit familial.
« J’en profite pour remercier à travers ses quelques lignes, mon épouse qui a su me faire des repas adaptés, me trouver des huiles essentielles pour la récup. Qui a passé du temps à me masser et qui m’a laissé aller courir dès que je le voulais en m’encourageant. »

Mais avant toute chose, la 1ère notion qu’il faut avoir en tête pour débuter sur marathon, c’est que la course commence réellement au 30ème km ! Et ça lorsque vous l’avez compris, c’est gagné pour vous.

Attention, un marathon, c’est tout de même un grand bol de plaisir, il ne faut pas se lancer en ayant lu mon article. Ne partez pas acheter les baskets en vous disant, je n’ai jamais couru, mais dans 2 mois, je fais mon 1er marathon. Non surtout pas ! « Apprenez » la course à pied avant et lancez-vous après de longs mois, voir d’années de pratique. Il faut emmagasiner des kms dans les jambes et de l’expérience dans la tête

Alors bon marathon.

4 Commentaires

  1. Gaby

    Superbe article, merci de nous faire partager ces émotions, cela donne envie de les vivre, mes baskets sont au placard depuis quelques temps…. trop de temps….mais ces quelques mots me rappelle combien il est bon de se retrouver seule avec soi même dans l’effort, la détente, et le bien être de son corps et de son esprit après une séance d’entraînement. Merci et bon courage pour dimanche, la Réunion est derrière vous!!!

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    1. Ralph (Auteur de l'article)

      Merci pour vos encouragements. Dimanche la pluie et le vent sont annoncés, on va gérer prudemment pour passer au mieux et être FINISHER.
      La Réunion est un pays que j’aimerai découvrir un jour, avec ou sans les baskets !

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  2. L'élève

    Bel article merci

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  3. Isabelle

    Allez ! Allez ! On sera toutes là pour vous encourager et vous accueillir à la ligne d’arrivée !

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